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Côte d'Ivoire - 1 habitant sur 4 est étranger

Abidjan, 2024. Dans le marché d'Adjamé, on entend plus le dioula que le français. Amadou, vendeur burkinabè installé depuis 30 ans, compte en FCFA avec l'accent de Ouagadougou. À côté, Mamadou, Malien de la deuxième génération, ne connaît du Mali que les récits de son père. Plus loin, une Nigériane vend des tissus wax pendant qu'un Guinéen gère une boutique de téléphonie. Bienvenue en Côte d'Ivoire, le pays le plus cosmopolite d'Afrique de l'Ouest.


Les chiffres qui donnent le vertige

1998-2021 : une population étrangère massive

Recensement 1998 (RGPH - Recensement Général de la Population et de l'Habitat, INS) :

  • Population totale Côte d'Ivoire : 15,4 millions (RGPH 1998, INS)

  • Population étrangère : 3,95 millions (RGPH 1998, INS)

  • Taux : 25,75% (plus d'un habitant sur quatre !) (RGPH 1998, INS)

Recensement 2021 (RGPH 2021, INS) :

  • Population totale : 29,4 millions (RGPH 2021, INS)

  • Population étrangère : 5,6 millions (KOACI, juillet 2022 citant RGPH 2021)

  • Taux : 19-22% (RGPH 2021, diverses sources)

En clair : la Côte d'Ivoire compte entre 5 et 6 millions d'étrangers en 2024. C'est presque autant que toute la population du Togo (8,8 millions) ou du Bénin (13,3 millions).


Les Burkinabè : les rois de l'immigration ivoirienne

Les chiffres qui permettent de prendre la mesure :

1998 (RGPH 1998, INS) :

  • 2,24 millions de Burkinabè en Côte d'Ivoire (RGPH 1998, INS)

  • 56,6% de tous les étrangers (RGPH 1998, Cairn.info)

  • 14,56% de la population totale ivoirienne (RGPH 1998, Cairn.info)

  • 1 Ivoirien sur 7 était Burkinabè (RGPH 1998)

2014 (estimation Jeune Afrique) :

  • 3,5 millions de Burkinabè (Jeune Afrique, 2014)

  • Toujours la communauté largement dominante

2024 (estimations extrapolées) :

  • Estimations officieuses : plus de 4 millions

  • Beaucoup sont des 2ème et 3ème générations nés en Côte d'Ivoire


Les autres communautés

Maliens :

  • 2018 : environ 3 millions selon certaines sources (DW Media)

  • Principalement installés en ville (Abidjan et Bouake principalement)

Guinéens, Sénégalais, Nigériens, Ghanéens, Nigérians :

  • Centaines de milliers chacun (estimations diverses)

  • En croissance constante

Libanais, Syriens (Libano-Syriens) :

  • 40 000 à 80 000 selon estimations (diverses sources économiques)

  • Dominent le commerce de gros

Total CEDEAO :

  • 90,7% des étrangers en Côte d'Ivoire viennent de pays CEDEAO (WATHI - Migration Afrique de l'Ouest)

  • Le taux le plus élevé d'Afrique de l'Ouest (WATHI, 2017)


Histoire d'une immigration de masse

1960-1980 : le « miracle ivoirien » attire tout le monde

Après l'indépendance en 1960, la Côte d'Ivoire connaît un boom économique spectaculaire. Le président Félix Houphouët-Boigny a une vision : « la terre appartient à celui qui la cultive ».

Résultat ? Appel massif à la main-d'œuvre étrangère.

D'où viennent-ils ?

  • Burkina Faso (ex-Haute-Volta) : réservoir historique de main-d'œuvre

  • Mali : commerce et artisanat

  • Guinée, Niger, Sénégal : divers secteurs

Pourquoi viennent-ils ?

  • Boom du cacao, du café, de l'hévéa

  • Salaires 3 à 5 fois supérieurs à ceux des pays voisins

  • Stabilité politique (contrairement au reste de la région)

  • Accès facile (frontières poreuses, CEDEAO créée en 1975)

Où s'installent-ils ?

  • Burkinabè : zones rurales (plantations de cacao/café dans l'Ouest et le Centre-Ouest)

  • Maliens : villes (commerce, transport à Abidjan)

  • Autres : mix rural/urbain


1980-1990 : la crise économique ne ralentit rien

La crise des matières premières frappe la Côte d'Ivoire. Le cacao et le café s'effondrent. L'État est en faillite. Logiquement, l'immigration devrait ralentir, mais au contraire, les étrangers continuent d'arriver parce que :

  • Même en crise, la Côte d'Ivoire reste attirant pour les populations venant le Burkina, le Mali, le Niger

  • Les réseaux familiaux sont installés (effet d'appel)

  • Les plantations continuent de recruter


1990-2000 : la xénophobie monte

La Côte d'Ivoire découvre qu'elle a un problème d'identité.

1990 : instauration de la carte de séjour pour étrangers, sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, à l'initiative d'Alassane Ouattara, alors Premier ministre.

1995 : Bédié, successeur d'Houphouët-Boigny, met en place le concept d'« ivoirité ». En gros : vous n'êtes vraiment Ivoirien que si vos deux parents le sont.

1999 : Rapport du Conseil économique et social : « Immigration en Côte d'Ivoire : le seuil du tolérable est largement dépassé » (CES, rapport publié dans Le Jour, Abidjan, avril 1999, cité par Cairn.info). Discours alarmiste : 26% d'étrangers, c'est trop !

Septembre 1999, Tabou : conflit foncier entre un autochtone et un planteur burkinabè. Ça dégénère. Bilan : au moins 100 morts burkinabè, 12 000 expulsés vers le Burkina Faso (Cairn.info - Politique Africaine 2000, Schwartz 2000).

Coup d'État 1999 : le général Guéï prend le pouvoir. Il reprime les discours anti-étrangers, mais anticipe avec le référendum du 23 juillet 2000 en Côte d'Ivoire qui adopté une nouvelle Constitution avec plus de 86% des voix pour le "et" (tout candidat à la présidence de la République doit être né de père et de mère de nationalité ivoirienne),

Élection 2000 : Alassane Ouattara, dont le père est Burkinabè, est exclu de l'élection présidentielle pour raison de nationalité douteuse (historique politique CI).


2002-2011 : la crise qui change tout

19 septembre 2002 : tentative de coup d'État manqué. Le pays se divise en deux : Nord rebelle (Forces Nouvelles), Sud loyaliste (Gbagbo). Les rebelles du Nord ? Présentés surtout comme des Nordistes et des immigrés (ou descendants d'immigrés).

Conséquence : pendant 10 ans, la Côte d'Ivoire vit une guerre civile froide où les étrangers sont pris en étau et les nordistes ("dioula") fustigés. Beaucoup de Burkinabè et étrangers fuient les zones loyalistes où ils sont harcelés de peur de représailles.


2012-2025 : la paix revenue, l'immigration repart

Après la victoire d'Ouattara en 2011 (au prix d'une courte guerre civile sanglante), la Côte d'Ivoire retrouve la paix. L'économie redémarre. La croissance atteint 7-8% par an pendant une décennie. Résultat ? L'immigration repart de plus belle.

Recensement 2021 : 5,6 millions d'étrangers (19-22% de la population).

2024 : estimations extraofficielles parlent de 6 à 7 millions si on compte les clandestins.


Côte d'Ivoire vs autres pays africains

Côte d'Ivoire : championne d'Afrique de l'Ouest

Pourcentage d'étrangers (sources diverses - ONU, recensements nationaux, Migration Data Portal) :

  • Côte d'Ivoire : 19-25% (RGPH 2021, champion absolu de la CEDEAO)

  • Nigeria : ~1% (Migration Data Portal - 1,3 million sur 220 millions – le Nigeria exporte plus qu'il n'importe)

  • Ghana : ~3-4% (estimations Migration Data Portal)

  • Sénégal : ~2-3% (estimations Migration Data Portal)

  • Mali : ~2% (estimations Migration Data Portal)

En valeur absolue (Migration Data Portal, recensements nationaux) :

  • Côte d'Ivoire : 5,6 millions d'étrangers (RGPH 2021)

  • Nigeria : 1,3 million (Migration Data Portal)

  • Ghana : ~1 million (estimations Migration Data Portal)

Conclusion : la Côte d'Ivoire, avec 29 millions d'habitants (RGPH 2021), accueille 4 fois plus d'étrangers que le Nigeria qui en compte 220 millions (Worldometer 2024). C'est fou.


Afrique du Sud : le géant du Sud

Chiffres (Statistics South Africa, 2022) :

  • Population totale : 62 millions (Statistics South Africa 2022, Worldometer)

  • Étrangers : 2,4 millions (Statistics South Africa 2022)

  • Taux : 3,9% (Statistics South Africa 2022)

Origines (Statistics South Africa 2022, Africa Center for Strategic Studies 2025) :

  • Zimbabwe : 48,5% des immigrants soit ~1,1 million (ACSS 2025)

  • Mozambique : 20% soit ~480 000 (ACSS 2025)

  • Lesotho : 11% soit ~264 000 (ACSS 2025)

  • Malawi : 10% soit ~240 000 (ACSS 2025)

  • Autres : RDC (2,2%), Nigeria (2,1%), Somalie, Éthiopie (Refworld 2018)

Pourquoi viennent-ils ?

  • Économie la plus développée d'Afrique

  • Salaires 5 à 10 fois supérieurs aux pays voisins

  • Opportunités d'emploi

Problèmes :

  • Xénophobie massive (documentée par Washington Post 2017, Persée)

  • Violences anti-immigrés régulières (notamment 2017, GroundUp)

  • Expulsions massives

  • Les Sud-Africains accusent les étrangers de "voler leurs emplois"


Comparaison Côte d'Ivoire / Afrique du Sud

Critère

Côte d'Ivoire

Afrique du Sud

Population totale

29 millions (RGPH 2021)

62 millions (Statistics SA 2022)

Étrangers

5,6 millions (RGPH 2021)

2,4 millions (Statistics SA 2022)

% étrangers

19-25% (RGPH 2021)

3,9% (Statistics SA 2022)

Origine principale

Burkina Faso 56% (RGPH 1998)

Zimbabwe 48,5% (ACSS 2025)

Zone CEDEAO/SADC

90,7% (WATHI 2017)

84% (ACSS 2025)

Xénophobie

Moyenne (crises ponctuelles)

Très élevée (violence régulière)

Intégration

Bonne (sauf crises)

Difficile

Verdict : La Côte d'Ivoire est BEAUCOUP plus ouverte que l'Afrique du Sud, mais avec un poids démographique des étrangers 5 fois supérieur.


Nigeria et Ghana : exportateurs plus qu'importateurs

Nigeria :

  • Accueille : 1,3 million d'immigrants (Migration Data Portal, WATHI)

  • Exporte : 1,7 à 3,5 millions (selon sources - ONU: 1,7M; Service immigration Nigeria: 3,5M en 2023) de Nigérians à l'étranger (Migration Policy Institute 2024)

  • Solde migratoire : négatif

Ghana :

  • Accueille : ~1 million (estimations Migration Data Portal)

  • Exporte : ~1 million de Ghanéens (WATHI - 957 883 en 2000)

  • Solde migratoire : équilibré

Ces deux pays sont des terres d'émigration plus que d'immigration.


La Gambie : le cas extrême

Chiffres (Migration Data Portal, WATHI 2017) :

  • Population : 2,5 millions (estimations ONU 2024)

  • Étrangers : ~225 000 (estimation basée sur 8,98%)

  • Taux : 8,98% (Migration Data Portal - Afrique de l'Ouest)

Deuxième taux le plus élevé d'Afrique de l'Ouest après la Côte d'Ivoire (Migration Data Portal).


Pourquoi autant d'étrangers en Côte d'Ivoire ?

Raison #1 : Géographie et histoire

La Côte d'Ivoire est le pays le plus riche de la zone sahélienne d'Afrique de l'Ouest.

Pendant la colonisation, les Français ont organisé la migration de travail depuis la Haute-Volta (Burkina) vers la Côte d'Ivoire. Ça a créé des routes migratoires qui perdurent.

Raison #2 : Politique migratoire ultra-libérale (1960-1990)

Houphouët-Boigny voulait développer le pays vite. Il manquait de bras. Solution : ouvrir les frontières. Pendant 30 ans, n'importe qui pouvait venir s'installer. Pas de visa, pas de permis de travail, pas de contrôles. Bienvenue au paradis.

Raison #3 : La CEDEAO

La Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (créée en 1975) prône la libre circulation des personnes. En théorie, un Burkinabè peut s'installer en Côte d'Ivoire sans visa et travailler. En pratique, c'est plus compliqué (carte de séjour, etc.), mais ça reste beaucoup plus facile que d'aller en Europe.

Raison #4 : Opportunités économiques

Même en crise, la Côte d'Ivoire offre plus d'opportunités que le Burkina, le Mali, le Niger.

Salaires moyens 2024 (estimations basées sur diverses études économiques) :

  • Côte d'Ivoire : 100 000 à 200 000 FCFA/mois (ouvrier)

  • Burkina Faso : 50 000 à 80 000 FCFA/mois (estimations)

  • Niger : 40 000 à 60 000 FCFA/mois (estimations)

En venant en Côte d'Ivoire, on double quelquefois votre revenu.

Raison #5 : Réseaux familiaux et communautaires

Une fois que des millions de Burkinabè, Maliens, etc. sont installés, ils facilitent l'arrivée de leurs frères, cousins, neveux.

Effet boule de neige : plus il y a d'immigrés, plus il en vient.


Bénédiction ou malédiction ?

Les bénéfices (indéniables)

1. Développement économique

Sans les étrangers, l'économie ivoirienne s'effondrerait.

  • Les Burkinabè font tourner les plantations de cacao (le cacao représente 40% des exportations ivoiriennes - Ministère du Commerce CI)

  • Les Maliens font tourner le commerce et le transport (CES 1998)

  • Les Libano-Syriens gèrent l'import-export

Chiffres (estimations économiques basées sur secteurs dominés par étrangers) : les étrangers contribuent à au moins 20-30% du PIB (estimation basée sur CES 1998 et analyses sectorielles).

2. Croissance démographique et main-d'œuvre

Les étrangers comblent le déficit de main-d'œuvre dans l'agriculture et le BTP. Sans eux, qui cueillerait le cacao ? Qui construirait les routes ?

3. Dynamisme culturel

Abidjan est une ville cosmopolite où se mélangent toutes les cultures ouest-africaines. Le dioula, langue des commerçants maliens et burkinabè, est devenu la deuxième langue de facto de la Côte d'Ivoire.


Les problèmes (réels)

1. Pression sur les ressources et les services

5,6 millions d'étrangers, ça fait beaucoup de monde à loger, nourrir, soigner, éduquer : les hôpitaux sont surchargés; les écoles débordent; le logement est rare et cher. Surtout que la pression est croissante et incontrôlée.

2. Chômage des Ivoiriens ?

Certains Ivoiriens accusent les étrangers de voler les emplois.

Statistiques (Conseil Économique et Social, 1998) :

  • Taux de chômage des étrangers : 3,6% (CES, rapport 1998)

  • Taux de chômage des Ivoiriens : 6,4% (CES, rapport 1998)

Paradoxe : les étrangers travaillent plus que les Ivoiriens. Pourquoi ? Parce qu'ils acceptent des jobs difficiles et des salaires bas que les Ivoiriens refusent.

3. Mainmise sur certains secteurs

Dans certains domaines, les étrangers dominent :

  • Commerce : Maliens, Mauritaniens, Libano-Syriens

  • Boucherie : Peuls (Mauritanie, Mali, Guinée)

  • Transport routier : Maliens, Burkinabè

  • Plantations : Burkinabè

Résultat : les Ivoiriens ont du mal à percer dans ces secteurs.

4. Conflits fonciers

Dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, les conflits fonciers entre autochtones et Burkinabè sont récurrents.

Schéma classique :

  1. Un autochtone vend (ou loue) une terre à un Burkinabè

  2. Le Burkinabè la cultive pendant 20-30 ans, y plante du cacao

  3. L'autochtone (ou ses héritiers) réclame la terre

  4. Conflit, parfois violence

Tabou 1999 : 100 morts (Cairn.info - Politique Africaine 2003, Schwartz 2000). Duékoué 2011 : centaines de morts (médias internationaux, rapports HRW).

5. Xénophobie et tensions identitaires

Depuis les années 1990, la xénophobie monte. Discours : « Les étrangers sont trop nombreux, ils prennent nos terres, nos emplois, ils votent pour leurs candidats ». En réalité, beaucoup d'étrangers vivent en Côte d'Ivoire depuis plus de 50 ans. Leurs enfants sont nés ici et eux-mêmes ne connaissent que la Côte d'Ivoire. Sont-ils vraiment étrangers ?


Côte d'Ivoire vs reste de l'Afrique

Top 5 des pays africains par % d'étrangers

  1. Gabon : ~20-25% (estimations diverses) (surtout Camerounais, Équato-Guinéens, Béninois)

  2. Côte d'Ivoire : 19-25% (RGPH 2021) (surtout Burkinabè, Maliens)

  3. Gambie : ~9% (Migration Data Portal) soit 8,98%

  4. Afrique du Sud : 3,9% (Statistics South Africa 2022)

  5. Ghana : ~3-4% (estimations Migration Data Portal)

Verdict : La Côte d'Ivoire est n°2 en Afrique pour le pourcentage d'étrangers (après le Gabon).


Top 5 en valeur absolue

  1. Côte d'Ivoire : 5,6 millions (RGPH 2021) (si on compte les clandestins : 6-7 millions estimés)

  2. Afrique du Sud : 2,4 millions (Statistics South Africa 2022)

  3. Nigeria : 1,3 million (Migration Data Portal)

  4. Kenya : ~1 million (estimations)

  5. Ghana : ~1 million (estimations Migration Data Portal)

Verdict : La Côte d'Ivoire est n°1 en valeur absolue si on compte les clandestins.


Richesse ou Bombe à retardement ?

La Côte d'Ivoire est un cas unique en Afrique. Aucun autre pays n'accueille autant d'étrangers (en proportion). Aucun autre pays n'a construit son développement sur autant de main-d'œuvre immigrée. C'est à la fois :

  • Une force : l'économie tourne grâce aux étrangers

  • Une faiblesse : les tensions identitaires peuvent exploser à tout moment

Le grand paradoxe ivoirien : le pays a besoin des étrangers pour se développer, mais une partie de la population les rejette.

La question existentielle : qu'est-ce qu'être Ivoirien ? Si vous êtes né en Côte d'Ivoire de parents burkinabè, si vous avez grandi à Abidjan, si vous parlez le dioula et le français, êtes-vous ivoirien ? Tant que cette question n'aura pas de réponse claire, la Côte d'Ivoire restera assise sur un baril de poudre.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • 5,6 millions d'étrangers en 2021

  • Probablement 6 à 7 millions en 2024

  • Sur 29-33 millions d'habitants

  • 1 habitant sur 4 ou 5 est étranger

C'est colossal. C'est sans précédent en Afrique (à l'exception du Gabon). Et ça ne va pas s'arrêter, car une chose est sûre : sans les Burkinabè, les Maliens, les Guinéens, il n'y aurait pas de miracle ivoirien. Pas de cacao, pas de croissance, pas d'Abidjan la scintillante. La Côte d'Ivoire est un melting-pot. C'est sa force. C'est aussi son défi.

Sources principales

Données démographiques Côte d'Ivoire :

  • RGPH (Recensement Général de la Population et de l'Habitat) 1998, 2014, 2021 - Institut National de la Statistique (INS), Côte d'Ivoire

  • KOACI - "Côte d'Ivoire : Recensement 2021" (juillet 2022)

  • Wikipedia - "Démographie de la Côte d'Ivoire"

Études académiques sur l'immigration en CI :

  • Cairn.info - "La diaspora burkinabè en Côte d'Ivoire" (Politique Africaine, 2003)

  • Cairn.info - "Immigration en Côte d'Ivoire : le seuil du tolérable est largement dépassé" (Politique Africaine, 2000)

  • Persée - "Le poids des étrangers en Côte d'Ivoire" (Bouquet Christian, Annales de Géographie, 2003)

  • Presses universitaires de Rennes - "Étrangers et sociétés - Communauté immigrée : les Burkinabé en Côte d'Ivoire" (2019)

  • Schwartz A. - "Le conflit foncier entre Krou et Burkinabè" (Afrique contemporaine, 2000)

Données Afrique de l'Ouest :

  • Migration Data Portal - "Données migratoires en Afrique de l'Ouest" (migrationdataportal.org)

  • WATHI - "Migration en Afrique de l'Ouest et Centrale - Aperçu régional" (2017)

  • WATHI - "Enquête sur les politiques migratoires en Afrique de l'Ouest" (2017)

  • DRC (Development Research Centre on Migration) - Rapports 2007

Afrique du Sud :

  • Statistics South Africa - Recensement 2022

  • Africa Center for Strategic Studies (ACSS) - "Tendances migratoires à surveiller en Afrique en 2025" (mars 2025)

  • Vatican News - "L'immigration, une force de transformation en Afrique du Sud" (décembre 2025)

  • Refworld - "Afrique du Sud : traitement des Africains noirs d'origine étrangère" (2018)

  • Persée - "Immigration et immigrés en Afrique du Sud" (REMI, 1998)

  • Washington Post - Articles sur xénophobie (mars 2017)

  • GroundUp - Rapports violence anti-immigrés (février 2017)

Données internationales :

  • Worldometer - Données démographiques 2024-2025

  • UNHCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés)

  • OIM (Organisation Internationale pour les Migrations)

  • UNESCO - Statistiques étudiants mobiles (2009)

  • CEDEAO/ECOWAS - Rapports migration régionale

  • Banque Mondiale - Transferts de fonds et croissance économique

France :

  • INSEE France - "En 2023, 3,5 millions d'immigrés nés en Afrique vivent en France" (Insee Première, 2023)

Presse et médias :

  • Jeune Afrique - Données diaspora burkinabè (2014)

  • DW Media - Population malienne CI (2018)

  • CIEMI - "Historique migratoire 2024"

  • Le Jour (Abidjan) - Rapport CES avril 1999

Organisations internationales :

  • ONU DESA (Département des affaires économiques et sociales) - World Population Prospects 2024

  • Migration Policy Institute - "Nigeria" (2024)

  • OCDE - "International Migration Outlook 2024"

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