top of page

La Côte d'Ivoire, premier exportateur d'électricité

électricité cote d'ivoire

En 2024, la Côte d'Ivoire a consolidé sa position de "hub énergétique" de l'Afrique de l'Ouest. Cependant, derrière le maintien de son statut de leader, les chiffres révèlent un changement de paradigme majeur.


Le Libéria occupe désormais la première place du podium des exportations ivoiriennes, ravissant le titre au Burkina Faso dans un contexte de baisse globale de la production exportée. Pendant des années, le Burkina Faso a été le partenaire privilégié de CI-Energies (Côte d'Ivoire Énergies). Pourtant, les statistiques de l'année 2024 marquent une rupture. Le Libéria, dont les besoins en infrastructures et en stabilisation du réseau national sont croissants, a considérablement augmenté ses volumes d'importation via l'interconnexion CLSG (Côte d'Ivoire, Libéria, Sierra Leone, Guinée). Un basculement historique des flux qui s'explique par deux facteurs clés. Primo, l'intégration régionale réussie du réseau CLSG qui permet au Libéria d'absorber une part plus importante de l'offre ivoirienne. Secundo, une demande libérienne en pleine expansion, portée par les réformes structurelles de son secteur électrique.


L’année 2024 entre résilience et sous tension

Si la Côte d'Ivoire reste le fournisseur clé de la sous-région, l'année 2024 a été moins "radieuse" que 2023. Contrairement à l'exercice précédent, marqué par des surplus confortables, l'année écoulée a dû composer avec des vents contraires. Notamment les contraintes climatiques entraînant des variations de pluviométrie qui ont impacté le rendement des barrages hydroélectriques, obligeant le pays à prioriser sa consommation nationale. Le mix énergétique, bien qu'équilibré, a subi la pression de la hausse des coûts des intrants pour les centrales thermiques suscitant parfois des séances de maintenance non sans avoir engendré des coûts. Malgré une baisse du volume global des exportations vers certains voisins, la valeur monétaire des contrats est restée stratégique pour la balance commerciale ivoirienne.


Capacité de production à 5 000 MW à l’horizon 2030

Dans sa vision énergétique à l’horizon 2030, la Côte d’Ivoire ambitionne de porter sa capacité de production à 5 000 MW, avec une part de 42% provenant de sources renouvelables, conformément aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cette stratégie s’inscrit également dans la volonté du pays de renforcer sa position de pôle énergétique sous régional, en assurant des exportations stables vers les pays voisins (Ghana, Mali, Burkina Faso, Liberia, etc.). Sur le plan de l'accès à l'électricité, la Côte d’Ivoire affiche des performances remarquables. Le taux d’électrification des localités a atteint 94% en 2023, avec un objectif fixé à 100% d’ici fin 2025.


Le nombre d’abonnés est passé de 1,1 million en 2011 à plus de 4 millions en 2023, traduisant une amélioration notable de l’inclusion énergétique. Par ailleurs, la qualité du service s’est nettement accrue, comme en témoigne la réduction du temps moyen de coupure annuelle, passé de 47 heures en 2011 à 29 heures en 2023. En modernisant son secteur électrique et en intégrant progressivement les énergies renouvelables, la Côte d’Ivoire pose les fondations d’un système énergétique robuste, inclusif et durable. Avec l’objectif de 5 000 MW à l’horizon 2030, le pays renforce sa position de hub énergétique régional et confirme son engagement en faveur d’une transition énergétique responsable.


Article original de l'avenir.

Commentaires


bottom of page